III-La course à la technologie

Historique

Toutes ces évolutions sont liées à la demande au cours du temps. Chaque superpuissance voulant s'imposer, il a fallu au cours du siècle améliorer sans cesse les avions. L'aérodynamisme, les matériaux et les moteurs ont été repris et retravaillés à plusieurs dizaines de reprises. C'est ainsi que naquit le premier avion à moteur à réaction utilisé en condition réelle, le Me-262, qui fut utilisé à la Seconde Guerre mondiale. Vient ensuite le temps des courses aux records et surtout de la domination des airs. Après la guerre, Américains et Soviétiques se retrouvent seules superpuissances dans le monde, c'est alors le début d'une rivalité forte marquée pas la Guerre Froide. Chaque pays va se créer une puissance par le biais d'alliances avec d'autres pays. On assiste alors à l'affrontement du bloc soviétique de l'est contre le bloc américain de l'ouest.

Les années 50 seront dédiées à une tentative de domination par l'espace aérien uniquement. Bien que les Allemands aient déjà marqué l'histoire, en inventant le moteur à réaction, les Américains ne se laissèrent pas décourager et prirent la ferme intention de devenir les maîtres du monde. C'est ainsi qu'après la guerre, Etats-Unis et surtout l'URSS, malgré de nombreuses réparations à faire et une réorganisation totale, utilisèrent un énorme budget à la « défense du pays », et cela, dans le seul but d'impressionner la puissance adverse par leur puissance de frappe.

Les Américains mirent au point plusieurs sociétés leur permettant un niveau de développement suffisamment élevé pour devenir les maîtres des airs. La recherche fut de plus en plus poussée et la société Bell apparut comme la plus novatrice dans l'aviation moderne. En effet ceux-ci inventèrent le Bell X-1, cet engin qui fut le premier à passer le mur du son le 14 octobre 1947 après huit autres tentatives moins chanceuses. Le Mach fut dépassé et les records s'enchaînèrent. Sous l'impulsion du NACA, organisation des programmes de recherches, l'aéronautique se développe grâce aux laboratoires universitaires et à des souffleries performantes. Une autre société, North American, mit au point un engin hors du commun pour accroître encore les connaissances aériennes. Le X-15 vola ainsi à une altitude de 107960 mètres qui fut un record absolu de même que sa vitesse, Mach 6.3, soit 7300 km/h, qui sera aussi un record inégalé. Tout ceci se passe dans la stratosphère, cependant quand on voit le résultat du X-15, on constate que la conquête de l'air laisse la place à la conquête spatiale.

L'histoire de l'espace est toutefois totalement différente de l'histoire des airs. C'est l'URSS qui a pris la plus grande avance dans ce domaine. A la suite de la guerre, alors que les Américains ont préféré améliorer leurs nouveaux avions supersoniques, les Soviétiques ont cherché un nouveau terrain pour tenter de dominer le monde. C'est ainsi que les années 60 sont plutôt favorable à l'URSS. Leur budget était dirigé vers l'aérospatial avec comme principale cible la Lune. Certains pensaient cette tâche impossible, cependant en octobre 1957 le lancement de « Spoutnik » par les Soviétiques surprend totalement les Américains. Pour eux c'est un grave échec et le signe que l'URSS a comblé le retard qu'elle avait à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Leur revanche viendra le 21 décembre 1968, avec pour la première fois dans l'humanité, un vol avec à bord trois astronautes. Ce fut alors la première fusée qui expédia des hommes survoler la Lune. C'est alors que les Américains prirent une avance décisive sur les Soviétiques qui ne parvenaient pas à faire décoller leur fusée N1. Dès ce jour les Américains ne lâchèrent pas leur suprématie dans le domaine spatial et réalisèrent des vols impressionnants à l'image de l'exploration du reste du système solaire.

1-Le décollage vertical

L'avion est placé verticalement

C'est le cas du XFY-1. Cet avion américain, conçu à la fin de la seconde guerre mondiale, était un hybride. Sur le nez de l'avion était placé deux hélices contrarotatives, de plus l'avion était aussi équipé d'un turbopropulseur Allison YT40-A-6 de 5850 chevaux. La présence de deux puissances de propulsion était nécessaire à cause de la faible puissance des moteurs à réaction de l'époque. Mais la particularité de l'avion n'était pas là, en effet le « Pogo » possédait la capacité de reposer sur son empennage et de pouvoir être utilisé à partir de plates-formes embarquées exiguës. L'avion est de la famille VTOL des « tail-sitter », ceci consiste à faire décoller et atterrir un appareil avec le fuselage posé verticalement sur le sol, d'où la désignation « tail-sitter ». L'utilisation et la conception de cet appareil n'étaient pas aisées, en effet le rapport masse/puissance devait être inférieure à 1 pour décoller et se poser en douceur, de plus le système ne pourra être testé qu'après la naissance du turbomoteur à la fois très puissant et léger. Cet avion effectua son premier décollage et atterrissage vertical le 1 août 1954 mais le programme de production en série fut annulé en raison de problèmes de maniabilité et surtout parce que les militaires estimaient qu'il n'était pas nécessaire de fabriquer un chasseur dont les performances étaient égales à celles des avions à réaction de la même catégorie.

L'avion est placé horizontalement

Ce projet fut proposé par le Français Michel Wibault, bien qu'il eut tout pour réussir, le concept ne séduit point les Français, il fut alors repris par l'entreprise américaine Hawker qui créa le prototype P.1127 qui vola pour la première fois en octobre 1960. L'évolution du Hawker ouvrit la voie au Harrier, avion aussi propulsé par des réacteurs pivotants. Cet avion fut le premier avec le potentiel STOVL (Short Take-Off and Vertical Landing), c'est à dire à décollage et attérrissage court et verticaux. L'avion est équipé d'un moteur turbofan Pegasus, qui fut le seul turboréacteur à poussée vectorielle du monde, dont les gaz de la turbine agissaient sur quatre grands compresseurs dotés chacun d'un réacteur pivotant. Ceux ci peuvent alors diriger la poussée du moteur avec un angle d'ouverture allant jusqu'à 90°. Les ouvertures pivotantes s'inclinaient à 90° assurant ainsi la portance nécessaire à un décollage vertical et s'inclinaient aussi horizontalement vers l'arrière fournissant la traction pour un vol normal. Ce phénomène est appelé poussée dirigée, il est conçu pour répondre à la demande de décollages rapides et atterrissage verticaux. C'est le plus puissant moteur à réaction équipant un chasseur. Pour une question de stabilité le Pegasus est placé à proximité du centre de gravité de l'avion, et pour une question de chaleur élevée et de bangs, ses quatre réacteurs sont en titane. L'orientation variable de ces réacteurs permet donc au Harrier d'évoluer vers l'arrière à près de 50km/h. Un pilote réputé a déclaré que le mieux était de s'arrêter avant d'atterrir et non d'atterrir puis de tenter de s'arrêter. Bien qu'aillant une voilure fixe, le potentiel de vol stationnaire reste l'atout du Harrier ce qui le rend opérationnel pratiquement partout. Le décollage se réalise en trois phases. Tout d'abord le moteur est à 55% de sa puissance avec des réacteurs inclinés à 10°. Ensuite une fois que l'avion a atteint la vitesse de 150km/h, les réacteurs sont inclinés à 55° et le pilote actionne les pleins gaz. La combinaison de la portance verticale de la voilure et des jets des réacteurs soulève l'avion. Enfin le Harrier passe progressivement en vol horizontal avec des réacteurs qui dirigent leur poussé vers l'arrière.

2-Le mur du son

Le principe

A la fin de la seconde guerre mondiale, qui avait vu l'aéronautique faire un bon de géant, les ingénieurs se concentrèrent sur les plus grandes vitesses que pouvaient atteindre les avions. En 1947 l'avion Bell X-1 devient le premier appareil à passer le cap des 1000km/h. Les pilotes et les ingénieurs observent alors qu'en se rapprochant du cap des 1000km/h l'appareil subissait de violentes vibrations, les commandes répondaient mal et il arrivait que parfois l'appareil se disloque. Ces problèmes apparaissaient lors du rapprochement de la vitesse du son soit 340m/s. D'où l'expression « mur du son ». On utilise le terme de Mach pour représenter la vitesse de l'appareil. Le Mach est égal à la vitesse du son qui varie en fonction de l'altitude et de la température. Au niveau de la mer, le Mach correspond à 1226km/h alors qu'à la base de la troposphère celui-ci est d'environ 1062km/h. Au-delà de la tropopause, à environ 11000mètres, la vitesse du son demeure constante. Ce nom est celui du physicien Ernst Mach. Ce physicien autrichien du début du 20eme siècle fut célèbre pour ses travaux sur la vitesse du son. L'effroyable bruit produit lors du passage d'un avion supersonique provient d'un phénomène en relation à la vitesse du son. Le son se propage à 340 m/s et ceci dans toutes les directions possibles y compris à l'avant de l'appareil. Cependant dans le cas d'avion supersonique, l'engin va plus vite que la vitesse du son, le son généré par l'appareil est alors « rattrapé » par l'avion lui-même, cela crée un « mur » d'onde juste devant le nez de l'avion. Le « Bang » continuel provient donc du choc des molécules, de l'avion et du son, les unes contres les autres.

Le premier avion supersonique

Nous étudierons dans ce paragraphe le premier avion à avoir atteint le mur du son : le Bell X-1. Ce nouveau prototype fut conçu pour résister à la forte pression que lui infligeait l'air. Tout d'abord l'engin était taillé comme un obus, il avait été dessiné après de sérieuses études des propriétés aérodynamiques à vitesse supersonique des balles de gros calibre. Le Bell X-1 était propulsé par un moteur-fusée, en effet les réacteurs n'étaient pas encore assez performants. Le principe des moteurs-fusées est similaire à celui d'un moteur de fusée actuel. Le moteur-fusée à ergols liquides transforme en force propulsive l'énergie dégagée par la réaction chimique entre deux ergols: le combustible, et le comburant. Ces deux corps sont injectés sous forte pression dans la chambre de combustion. Leur combustion très vive produit une grande quantité de gaz à haute température. Accélérés par leur passage au travers de la tuyère, leur éjection à grande vitesse produit la poussée. Pour cet avion les deux ergols étaient un mélange d'eau et d'alcool pour le combustible et de l'oxygène liquide comme comburant. Le X-1 aurait présenté des risques extrêmes lors d'un décollage classique. De plus, l'énorme consommation des moteurs aurait tout record de vitesse après un décollage depuis le sol. Pour cette raison on arrima le X-1 sous le fuselage d'un B-29. Cette véritable bombe volante était pilotée par le général Charles Yeager, légende vivante américaine qui suivit une préparation militaire avant de s'engager dans l'armée. Après quelques mètres en chute libre « Chuck » effectuait la mise à feu des moteurs et le 14 octobre 1947, lors du neuvième vol propulsé, le X-1 monta à 14300mètres et l'appareil atteint Mach 1.07 soit 1126km/h. Au sol, dans la base du désert californien de Mojave, une forte détonation retentit indiquant alors que pour la première fois le mur venait d'être franchi.

Les moyens d'accélération de vitesse:

-La postcombustion :
La puissance d'un turboréacteur classique ne suffit pas pour permettre à l'avion de dépasser Mach1, il faut donc créer une poussée supplémentaire. Cette puissance supplémentaire est fournie par un dispositif particulier, la postcombustion. L'air rejeté derrière la turbine contient encore une grande quantité d'oxygène, il est alors possible de placer une autre série d'injecteurs à cet endroit et d'injecter du carburant pour créer le phénomène de postcombustion et ainsi multiplier la puissance du turboréacteur. Cependant la postcombustion produit une énorme flamme en arrière du turboréacteur, un bruit effroyable et dégage des quantités importantes de chaleur. Mais l'inconvénient majeur est la consommation de carburant trop importante en rapport avec la puissance dégagée. En effet alors que la puissance est multipliée par deux, la consommation en carburant est quatre fois plus importante que pour un turboréacteur classique. Ce procédé fut utilisé par le Concorde, équipé de quatre réacteurs Rols-Royce/SNECMA 593B assurant une poussée totale en postcombustion de 14 à 17 tonnes, lui permettant d'atteindre 360km/h en moins de 25secondes sur 1500mètres. Il était utilisé pendant 30 secondes au décollage et une fois Mach 1 atteint, c'est alors qu'on a observé de trop faibles rendements pour continuer à le commercialiser. Le fait est de même pour les avions de chasse, la postcombustion ne fonctionne que pendant 15minutes sous peine d'avoir une panne sèche.
-Le statoréacteur et ses évolutions:
Les turboréacteurs ont un inconvénient dans leur utilisation pour les grandes vitesses. En effet à partir d'une certaine vitesse les énormes quantités d'air qui s'engouffrent dans les conduits d'admission créent une pression dynamique qui engendre une élévation de la température de fonctionnement insupportable pour le moteur, ce sont les ailettes de compresseur et de turbine qui en souffrent les premières. Il fallait donc concevoir un nouveau type de propulseur pour les vitesses supérieures à Mach3. La solution trouvée fut appelée « tuyau de poêle » tellement elle fut simple. Ce moteur ne possède aucune pièce mobile, d'où le nom statoréacteur pour statique. Le principe fut trouvé par un Français René Leduc en 1937. C'est un tube ouvert muni seulement d'un système d'injection du combustible te d'une chambre de combustion. La compression est obtenue grâce à la pression dynamique, soit la vitesse importante d'air entrant dans le moteur puis s'écoulant à l'intérieur, le flux d'air s'écoule donc d'une façon plus fluide et plus rapide. Le carburant est ensuite injecté là où le diamètre du statoréacteur est le plus important et où la pression de l'air est maximale. La combustion s'effectue sur toute la longueur restante du moteur et la totalité des gaz est transformée en poussée efficace en raison de l'absence de turbine à actionner, le rendement est alors maximal. Cependant le statoréacteur a quelques inconvénients. Celui ci ne fonctionne qu'à haute vitesse, en effet la pression dynamique, n'est obtenue qu'à très grande vitesse, pour cette raison ce dispositif ne fonctionne ni au démarrage, ni au décollage et ni aux faibles vitesses. Ces phases étant indispensables pour tout avion, le turbo statoréacteur fut mis au point. A basses et moyennes vitesses, il fonctionne comme un turboréacteur, mais lorsque la vitesse atteint une vitesse suffisante un conduit permet à l'air de court circuiter le groupe compresseur-chambre de combustion-turbine et donc la combustion se fait dans une chambre aménagée à l'arrière du moteur comme un simple statoréacteur.

3-Entre aéronautique et aérospatial

Nous parlerons d'un appareil hors du commun lancé par la firme North American le 17 septembre 1959. En effet le X-15 accumula les records durant sa période d'utilisation. Le 22 août 1963 l'avion atteint l'altitude record de 107960 mètres, qui fut le record absolu. Le 3 octobre 1967, le major Peter Knight mena son appareil à Mach 6.3, soit 7300k/h. Ce record atteint dans la stratosphère ne fut, lui non plus, pas égalé. De plus le X-15, davantage laboratoire volant que simple engin de record, permit de rassembler de précieuses données aux américains pour la conquête de l'espace. Par exemple sa cellule pouvant subir des températures de 650°C permit de répondre aux questions générées par le retour dans l'atmosphère d'engins spatiaux. Nous pouvons donc affirmer que le X-15 marqua la fin de la conquête de l'air au profit de la conquête spatiale.

4-La conquête spatiale

Propulsion par fusée:

Le statoréacteur ne fonctionne réellement qu'à des vitesses supérieures à 500km/h et s'avère très gourmant en kérosène. Il est donc inadapté aux phases de décollage et d'atterrissage, c'est ce qui explique son utilisation très anecdotique dans l'aviation moderne. En théorie, le statoréacteur n'a pas de vitesse limite, il peut accélérer indéfiniment aussi longtemps qu'il reste de l'oxygène dans l'air. Il ne fonctionnerait alors que pendant une durée trop courte, du moment où l'appareil atteindrait le mur du son et cela jusqu'à la limite de l'atmosphère. En effet celui ci fonctionnant avec l'oxygène, il n'aurait aucune utilité dans l'espace. Il fallait alors trouver un autre moyen de propulsion puissant, fiable et moins gourmant en carburant qu'un statoréacteur. La fusée est le premier réacteur mis au point tout d'abord par les armées chinoises dans le premier millénaire, son apparition en Europe est plus tardive. Aujourd'hui ce type de propulsion est utilisé sur les lanceurs de satellites et les missiles. Les caractéristiques des fusées résident dans les carburants. Une fusée utilise un mélange chimique appelé propergol, le propergol brûle sans utiliser l'oxygène de l'air et produit une grande quantité de gaz chauds utilisés pour la propulsion. Il existe principalement deux types de fusée, les fusées à propergol solide et les fusées à propergol liquide.

Fonctionnement :

-La fusée à propergol solide:
Ce type de fusées à combustion solide est utilisé pour des engins de petites tailles et aux accélérateurs de véhicules spatiaux, les boosters. La fusée se présente comme un conteneur creux contenant une certaine quantité de propergol sous forme solide ou pulvérulente, en poudre, assimilable à un explosif. Ce propergol est brûlé dans une tuyère, une grande quantité de gaz chauds qui sont éjectés avec force vers l'arrière de la fusée entraînant sa propulsion vers l'avant . Très faible et ne posant aucun de problèmes de stockage ni de mise en oeuvre. De très nombreux types de propergol sont employés depuis la poudre noire jusqu'au mélange perchlorate d'ammonium/aluminium des boosters de la navette spatiale ou d'Ariane 5 en passant par les poudres nitrocellulosiques fabriquées à partir de coton.
-La fusée à propergol liquide:
Ce type de fusées à combustion liquide est utilisé sur des engins plus imposants. Ce type de moteur utilise non pas un propergol simple mais un comburant et un carburant distincts et stockés indépendamment dans deux réservoirs. Le comburant peut par exemple être de l'oxygène liquide, le carburant de l'hydrogène liquide. Les comburants et carburants sont aspirés par des pompes hautes pression et injectés dans une chambre de combustion où ils sont brûlés. Ils produisent ainsi une grande quantité de gaz chauds éjectés par la tuyère.
Cependant la proximité d'un carburant et d'un comburant présente de très grands risques d'explosion, l'accident le plus fréquent sur ce type des moteurs est la rupture des réservoirs entraînant rapidement une explosion, à l'exemple de la navette spatiale Challenger en 1987. En général les réservoirs sont remplis quelques heures avant le lancement de manière à limiter les risques. Les fumerolles que l'on peut observer à cette occasion sont dues aux très basses températures des ergols, -253°C pour l'hydrogène et -183°C pour l'oxygène liquide. Les performances des propulseurs à propergols liquides sont très bonnes mais demandent de très lourdes infrastructures compatibles avec la gamme des températures atteintes. En effet il faut gérer les problèmes de stockage, de réchauffement, de circulation dans les canalisations, d'envoi vers les moteurs, de purge, et de stabilisation des carburants au fond des réservoirs au fur et à mesure qu'ils se vident.

L'exemple de Saturne 5 :

La fusée saturne 5 est composée de trois étages. Le premier étage est équipé de 5moteurs F1 qui fonctionne 150secondes développant une poussée totale de 3500 tonnes, 60 fois la poussée des 4réacteurs de concorde. 15 tonnes de carburant sont brûlées chaque seconde et ceci pour atteindre une altitude de 61km de haut et une vitesse de 9600km/h. Cet étage utilise du kérosène et de l'oxygène. Le deuxième étage est quant à lui doté de 5 moteurs J2 développant une poussée totale de 450 tonnes. 1 tonne de carburant est consommée par seconde pour atteindre une altitude de 173 km et une vitesse de 27800 km/h. Le dernier est composé d'un seul moteur J2 développant une poussée de 90 tonnes. Celui ci fonctionne à deux reprises, la première fois pendant 2 minutes pour atteindre l'altitude de 187 km et la seconde pendant 6 minutes pour insérer Saturne sur une orbite très allongée qui l'emmène à proximité de la Lune. Les deux derniers étages utilisent un mélange extrêmement réactif d'hydrogène et d'oxygène. En effet 1 kg d'oxygène mélangé à de l'hydrogène génère une poussée 40% plus forte que 1 kg de kérosène mélangé à de l'hydrogène. Pour les trois étages les ergols liquides sont dirigés vers les chambres de combustion des moteurs par un système de pressurisation à l'hélium contenu dans de petites bouteille, le carburant est ensuite brûlé est éjecté par les tuyères orientales. Les trois étages propulsifs de la fusée se détachent un par un une fois leurs réserves de carburants écoulés. Le détachement de chaque élément permet une diminution de la masse et ainsi le rapport puissance/masse augmente et la force de propulsion augmente aussi permettant au vaisseau Apollo de se mettre en orbite. Ce vaisseau est constitué de trois modules d'une masse totale de 2.5 tonnes de matériel électronique chargé d'effectuer et de transmettre pendant le lancement et le vol des milliers de mesures. Ce module lunaire contenait par exemple la Jeep lunaire lors des dernières missions. Vient ensuite le module de service, soit la salle des machines du vaisseau Apollo. Et enfin le module de commande avec lequel les trois astronautes amerrissaient en fin de mission. On note que le module de commande, bardé de boucliers thermiques très résistants, est attaché par une structure métallique à la tour de sauvetage, chargée de l'arracher en cas de dysfonctionnement du premier étage lors du lancement.